Comment l’enfant devient élève ou L’organisation du milieu de travail pour que l’élève construise son rapport au savoir


Parce que l'enfant ne nait pas élève mais le devient, il convient d'engager une réflexion sur les processus mis en oeuvre pour accompagner cette évolution. De l'aménagement des espaces scolaires au rapport au savoir, cette formation éclairera les enseignants de maternelle et les incitera à porter un regard nouveau sur la "forme scolaire". Formatrice : Marie-Thérèse Zerbato-Poudou

Il s’agit de considérer la classe comme une « organisation cognitive »

Les nouveaux programmes pour la maternelle demandent de rendre « lisibles les exigences de la situation scolaire1 ». Dans cette optique, il ne s’agit pas seulement de  comprendre ce qu’est l’école, mais aussi percevoir comment fonctionne l’organisation symbolique de l’école.

Axe directeur de la formation :

Le « devenir élève » n’est pas le résultat d’un effort individuel, mais bien « un processus consubstantiel des apprentissages proposés par l’école et mis à l’épreuve dans les situations d’apprentissage par enseignement2 ». Ces deux activités forment système, ce qui rend illusoire le fait d’analyser l’un sans l’autre, il y a co-construction de la situation scolaire.

L’objectif général de la formation est de permettre aux enseignants de porter un regard différent sur l’organisation et les modes de fonctionnement de la classe, cette « forme scolaire », relativement standardisée, principalement considérée dans ses aspects fonctionnels et rarement dans ses dimensions symboliques, afin de la ré-investir et de l’améliorer.

Quelques aspects de cette forme scolaire seront explorés au cours de la formation :

  • l’organisation matérielle de la classe, les espaces scolaires
  • la construction du rapport au savoir

     

    • le rapport aux savoirs
    • le rapport aux tâches
    • le rapport aux apprentissages
    • le rôle de l’évaluation
  • le processus de ritualisation

Première étape

Organiser un débat sur la socialisation scolaire, en extraire les éléments sur lesquels porteront les étapes suivantes..

  • Que recouvre ce terme : Devenir élève ?
  • Quels rapports entre devenir élève et se socialiser ?
  • La socialisation scolaire est-elle différente de la socialisation familiale ?

Des précisions seront apportées suite à ces débats.

Deuxième étape

Les espaces scolaires

Présenter diverses organisations matérielles (plans de classe, photos) et engager sur chacune une analyse critique qui puisse mettre en évidence les finalités recherchées par ces organisations.

  • Quels enseignements peut-on tirer de ces analyses ?
  • Quels exemples paraissent les mieux adaptés ?
  • Quel type de changement chacun des stagiaires pourrait-il envisager suite à cette présentation

Troisième étape

La construction du rapport au savoir ou donner sens au travail scolaire

Mise en activité par groupe des stagiaires, chacun des groupes aura à réfléchir sur une question, puis mise en commun des travaux et discussions.

  • définir ce qu’est le rapport au savoir
  • définir ce qu’est le rapport aux tâches
  • définir ce qu’est le rapport aux apprentissages

Après la mise en commun, apports théoriques :

  • le rapport au savoir et le rôle du contexte
  • le rapport aux tâches et le rôle des consignes et de l’évaluation
  • le rapport aux apprentissages et le rôle des livrets de progrès

Quatrième étape

Les rituels

Les rituels sont cadrants et structurants.

Proposer la définition de Maisonneuve3 puis étude collective de chacun des termes en les rapportant au fonctionnement de la classe. L’objectif est d’identifier la nature et les fonctions des rituels scolaires

Bilan de la journée : ce que chacun retient pour sa pratique, des divers points étudiés.

Notes :

1- Programme 2015, point 3.1 : Comprendre la fonction de l’école.

 

2- R. Amigues et M.T Zerbato-Poudou. Comment l’enfant devient élève. Paris, Retz, 2007.

 

3- J. Maisonneuve. Les conduites rituelles. Que sais-je ? n°2425, Paris, PUF, 1988-1999 : « C’est un système codifié de pratiques, sous certaines conditions de lieu et de temps, ayant un sens vécu et une valeur symbolique pour ses acteurs et ses témoins, en impliquant la mise en jeu du corps et un certain rapport au sacré »

 

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